Disponibilité réduite à partir du 2 mai 2018

Mon emploi salarié en tant que responsable d’un service de médiation familiale va, dès le 2 mai 2018, ne me laisser que très peu de temps à consacrer à mon activité libérale.

Je ne recevrai donc que les personnes qui m’auront été adressées par l’intermédiaire de mon réseau proche.

Eloge du conflit : le cabinet pbcondordia, comme lieu d’expérimentations de cette approche.

En tant que médiateur familial professionnel, je pense donc le conflit non pas en terme d’affrontement, mais de situation.
Dans la perspective de la médiation familiale que je tente de pratiquer, la rupture et le conflit sont vécus non pas comme des échecs inacceptables, des erreurs dont il faudrait se débarrasser honteusement, mais comme des situations à faire évoluer vers un nouvel équilibre.
Le conflit est alors opportunité pour qu’un désir individuel de changement se développe dans la création de nouvelles façons de vivre en relation avec l’autre.
Pour que ce désir soit commun entre deux personnes en conflit, il est nécessaire que la motivation pour continuer, et parfois même pour commencer à construire du commun, soit plus forte que la haine ressentie envers l’autre.
Que cette motivation soit parfois presqu’absente au début de la première séance, pour l’un, ou pour les deux, est légitime.
L’engagement de chacun dans une volonté de coopération et de respect du cadre de la médiation est néanmoins indispensable, mais toujours libre et volontaire.
C’est à ces conditions que les freins et résistances au changement pourront devenir inutiles dans l’espace de médiation, grâce au cadre de non-violence que je garantis, et à la stricte confidentialité à laquelle tous les participants s’engagent.
Le processus est alors un chemin que les partenaires dessinent en le parcourant.
Ce qui implique, qu’en tant que médiateur, je sois à même de permettre un déplacement chez les personnes, d’ouvrir une possibilité de penser d’une façon nouvelle, non pas leurs identités ou revendications, mais leur sens global.
Ainsi, le médiateur familial que je me propose d’être incarne ce que les auteurs de « l’éloge du conflit » présentent comme « cette efficacité du non-agir dans une pensée de la situation lorsque « moins on en fait, plus on obtient » ».
Voilà qui fonde ma neutralité (je ne donne pas de conseil et n’oriente vers aucune solution en particulier) et mon indispensable indépendance en tant que médiateur.
Indépendance, car si je fais l’effort éthique de ne surtout pas mettre en œuvre ma volonté, c’est pour que seules celles des partenaires en médiation y aient leurs places.
Je suis a fortiori vigilant à ce qu’une volonté extérieur aux personnes ne se substitue à la leur dans la médiation (celle de professionnels intervenants sur certains aspects de la situation, d’institutions ou de tiers familiaux).
Neutre par rapport au contenu, je garantis également mon impartialité vis-à-vis des personnes ou plutôt, ma multi-partialité.
Cette posture dynamique me permets d’être au plus près de celui qui en aura besoin, à un moment très précis au cours d’une séance, pour permettre l’expression de l’indicible. Et d’offrir ce soutien à tous les participants, équitablement.
A la mesure de l’honnêteté d’engagement de chacun, médiateur et partenaires, dans la tentative de médiation, le processus permettra libérations et créativité, dans et par la situation qui aura été définie par les partenaires.

Eloge du conflit : aspects psychologiques.

Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste et Angélique del Rey, professeur de philosophie développent dans « l’éloge du conflit » une pensée du conflit qui me paraît précieuse pour sortir de certaines ornières, et ne pas tomber dans d’autres, y compris en termes psychologiques.
Toutes les réflexions ci-dessous reposent sur une conception systémique de la pensée et de la vie, à tous les niveaux, ce que les auteurs expriment par cette formule lapidaire :
« « Rien ne sert à rien » » n’est pas un énoncé nihiliste : c’est la formule même de l’engagement. »
Pour eux, le premier piège à éviter est représenté par tous les « processus de séparation de l’homme d’avec son soubassement conflictuel. »
Les auteurs présentent ainsi tous les professionnels « psy », « coach », « conseiller », psychanalyste ou « expert du conflit », plus ou moins auto-proclamés, dont la fonction serait alors de rendre la situation des personnes habitable.
Mais cet espoir que le soubassement conflictuel puisse rentrer dans le rang et ne dépasser des attentes socialement définies manifeste, dans ces cas-là, une action de formatage du désir, c’est-à-dire sa négation, par une canalisation des simples envies auxquelles la société estime pouvoir répondre.
Les auteurs soutiennent ainsi que : « Le conflit correspond à un processus d’auto-déploiement de l’être lui-même, il n’est jamais pure destruction, mais toujours, aussi, construction de dimensions de l’être. »
Le conflit a alors une valeur de créativité, de déploiement d’une puissance d’agir pour persévérer dans son être, dirais-je pour paraphraser Spinoza.
« Toute stabilité (sociale, personnelle ou de tout autre type) propre à un système dynamique l’est au prix d’une tension maintenue permettant que le conflit existe sous une forme éphémère, dans un équilibre forcément instable. »
Penser en terme de situation et de conflit plutôt que d’affrontements, c’est-à-dire d’artefacts, serait donc espérer, de façon plus réaliste, non pas l’extinction du conflit, « car c’est impossible », mais de pouvoir en faire un moteur au service d’un équilibre jamais définitivement stable.
Pourquoi alors, au niveau psychologique, dépensons-nous autant d’énergie à éviter le conflit dans son sens profond s’il représente, selon la pensée de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, une telle ressource ?
Les auteurs répondent ainsi :
« S’il est plus simple [mais pas plus facile] d’assumer un conflit que de l’éviter, c’est que ne pas l’assumer implique un refus : celui de la tâche qui se présente à nous et qui est celle de la vie même.
Et ce refus, plus qu’une simple passivité, implique cette forme d’activité qu’est le refoulement. »
Donc, céder à la facilité qui consiste à refouler un conflit est un choix, plus ou moins conscient, qui est très coûteux, notamment en termes d’énergie psychique.
Mais il peut donner le sentiment aux personnes d’éviter ainsi un contact avec une partie d’eux-mêmes qu’elle craigne, ou dont leur éducation a fait un tabou.
La crainte que le contact réel avec le soubassement conflictuel soit dangereux participe alors d’une perception du conflit avec l’autre comme pouvant atteindre à l’intégrité psychique de la personne, à son identité.
Or, les auteurs précisent que selon eux, « Le devenir identitaire fait perdre, aux individus comme aux groupes, toute pensée complexe des problèmes. »
Dans ce qui, au niveau psychologique, peut faire frein à une pensée en termes de situation et de conflit il y aurait une peur de l’inconnu, de l’imprévisible, un sentiment de perte de maîtrise de soi, de l’autre et de la situation.
Or, les auteurs postulent : « Nous ne pouvons pas savoir tout à l’avance car les données cachées sont en partie des données non encore présentes. »
C’est donc par le travail du conflit dans son aspect créatif, entre deux ou plusieurs personnes, qu’émergeront les solutions aux problèmes définis en commun.
Ce travail suppose aussi un travail de deuil à plusieurs niveaux dont celui du retranchement de chacun derrière une position de départ plus ou moins rigide, pour aller vers une solution inconnue au démarrage du travail dans et sur la situation.
Je conclurai donc les citations de « l’éloge du conflit » sur cette dernière pensée des auteurs :
« C’est seulement en apprenant à accepter les pertes que quelque chose de ce qui a été perdu pourra perdurer, en s’articulant à de l’histoire qui continue, en préservant du lien. »

Eloge du conflit et monde judiciaire.

Miguel Benasayag et Angélique del Rey, dans leur ouvrage commun « l’éloge du conflit », abordent rapidement la question de l’action judiciaire dans une perception de l’affrontement, sans possibilité de penser la situation en termes de conflit relationnel entre deux personnes devenues, l’une envers l’autre, « des parties ».
Lorsqu’un juge aux affaires familiales tranche un litige, il fait ce que la société attend de lui, « il pose un cadre qui va permettre, par stabilisation du conflit, de rendre la situation habitable. »
Mais cette action au niveau du cadre juridique ne répond qu’à la partie visible, c’est-à-dire à l’affrontement, au litige issu du conflit, sans avoir les moyens de travailler la ressource qu’il peut constituer.
Le conflit se cristallisera alors souvent sur un autre objet ou sujet, nouveau lieu d’affrontement, éventuellement soutenu dans une logique dualiste par le mandat que donneront les personnes à leur avocat pour défendre leur intérêt individuel, sans pouvoir réellement prendre en compte leur intérêt commun.
Ce mécanisme de régulation de la violence par la loi trouve sa limite dans l’actuelle saturation des TGI aux affaires civiles, encombrés de demandes toujours plus nombreuses en matière familiale.
Les auteurs l’expliquent ainsi dans la cohérence de leur discours : « Dans la logique de l’affrontement les identités sont bien distribuées et nous nous contentons de subir les effets ou de réagir à la partie adverse. » Cette logique s’illustre au travers des procédures judiciaires qui permettent sa théâtralisation.

Eloge du conflit : aspects philosophiques.

Spinoza pose dans son « Ethique » le Désir, et le désir d’atteindre à la plus grande Joie accessible, comme le moteur pour parcourir le chemin philosophique qu’il propose, aboutissant à la Béatitude.
Pour lui, il n’y a pas d’opposition entre la recherche honnête d’accomplissement individuel de ce Désir et la vie sociale, la qualité de celle-ci étant au contraire directement corrélée au plein épanouissement de chacun des membres d’une société, mais sans l’injonction actuelle de se réaliser en tant qu’individu.
Miguel Benasayag et Angélique del Rey dans leur ouvrage « l’éloge du conflit » postulent, comme par l’autre bout de la lorgnette :
« Croire que le conflit réside dans l’affrontement, c’est croire qu’en prenant le pouvoir et en éliminant l’ennemi, on va changer les choses, sans comprendre que le « problème » que l’on cherche ainsi à résoudre englobe la situation dans laquelle nous combattons. »
« Penser en termes de conflit, c’est penser en terme de processus plutôt que d’individualités. »
Sun Tzu, dans « l’art de la guerre » est alors cité pour soutenir notre réflexion. Lorsqu’il pense la guerre comme « une situation à laquelle demander la victoire », il décale aussi la conception de l’efficacité d’une bataille remportée ou perdue.
Il écrit : « un véritable guerrier n’est pas belliqueux, un véritable lutteur n’est pas violent ; un vainqueur évite le combat. »
L’évaluation d’un conflit, c’est-à-dire la valeur que l’on peut lui accorder, est alors pensée comme une chance.
La conception du « commun » trouve alors un autre souffle pour les auteurs :
« De notre point de vue, le véritable commun ne peut être pensé qu’au premier niveau, celui de la multiplicité agissante et des différentes dimensions qui déterminent un agir. (…) Ce n’est que là que des liens se tissent, à travers le conflit : à ce niveau ontologique, nous faisons en effet du conflit le moteur même de la création du commun. (…)
En complexifiant la perception et en intensifiant le rapport au monde à travers des pratiques les personnes pourront changer de perception vers une autre, et de là vers la connaissance (matérielle et pas seulement théorique) de ce qu’il y a de commun entre lui et l’autre, dans leur participation commune à une situation, à un paysage.
Dans la logique du conflit, il nous faut prendre des risques, agir, inventer les hypothèses et les modes d’action par lesquels nous pourrons répondre au défi de la situation. »
Et les auteurs de reposer la distinction entre un authentique Désir et les « conflits d’intérêts » qui prennent la place du soubassement conflictuel structurant nos liens et notre puissance d’agir [au sens de Spinoza], comme nous l’avons précédemment abordé sous l’angle politico-économique.
« C’est de cette substitution que provient la fausse conception du commun qui est celle de l’utilitarisme.
Et c’est en y résistant que nous pourrons prévenir la cassure des liens. (…) Car la solution est justement ce qui dissout les liens : quiconque cherche à fabriquer du lien en tentant de résoudre le problème fera toujours fausse route. »
Le positionnement philosophique de « l’éloge du conflit » est donc un acte positif, une « résistance » et même, pour les auteurs, un acte de « contre-pouvoir ».
Pour éviter les mauvaises interprétations de ce positionnement, les auteurs se réfèrent au poète espagnol Antonio Machado pour exprimer l’idée que « le chemin de l’émancipation se fait en marchant » (Caminante no hay camino) : c’est la voie du contre-pouvoir. »
« La voie du contre-pouvoir est bien celle du conflit, au travers duquel seulement peut exister du commun. Penser en terme de conflit, c’est penser en terme de processus plutôt que d’individualités. (…) Le conflit n’est alors pas à éradiquer, car c’est impossible. »
Afin de quitter progressivement la conception dominante utilitariste pour parvenir à travailler le conflit dans ce sens philosophique, il est nécessaire de concevoir également différemment les modes d’agir et l’évaluation de leur efficacité.
C’est dans cette dynamique que je me reconnais en tant que médiateur familial ; dans le fait d’assumer une volonté de « non-agir ».
Mais les auteurs viennent encore une fois étayer notre progression sur ce chemin en précisant que « Ce non-agir ne doit pas être entendu « au sens de ne rien faire, mais au sens ou l’action n’est pas le fait d’un sujet qui veut, qui agit pour mettre en œuvre sa volonté. (…)
L’action est alors le fait de la situation elle-même, agissante à travers les acteurs de la situation, à condition toutefois que ceux-ci, ne bloquent pas les processus, mais se laissent traverser par eux. (…)
Seulement, pour parvenir à cette connaissance des niveaux complexes, ces actants doivent agir dans et pour la situation, en bref, s’y engager. »
Le non-agir réclame donc, paradoxalement, un engagement le plus honnête et complet possible de la part de tous les participants en situation de conflit, agents et médiateur.
Miguel Benasayag et Angélique del Rey affirment : « Il s’agit de se concevoir comme un acteur dans la situation, et non pas sur la situation. (…) Cesser de chercher des solutions aux problèmes, même (et surtout) aux graves problèmes que nous rencontrons dans les situations que nous traversons est la condition même de notre engagement. »
Mais, Miguel Benasayag précise plus loin son propos afin de ne pas laisser croire au lecteur qu’il parle de passivité, bien au contraire.
Ainsi, « une philosophie du non-agir n’a rien à voir avec le retrait du monde, ni avec le laisser-faire du libéralisme qui prétend être d’autant plus efficace qu’il n’est pas volontariste. »

Eloge du conflit : aspects politiques.

Miguel Benasayag et Angélique del Rey commencent par présenter le paysage politique dans lequel prend place leur pensée du conflit, qu’ils présentent non seulement comme ressource, mais comme fondement vital des rapports humains.
Cet éloge du conflit renvoie ainsi dos à dos les deux grandes conceptions politiques manifestées par la pensée de Karl Marx d’un côté, et le néo-libéralisme actuel issu du capitalisme de l’autre.
A propos de la représentation démocratique selon l’idée de Marx, les auteurs postulent qu’elle repose « sur un processus de séparation de l’homme d’avec son soubassement conflictuel, acte artificiel qui n’amène qu’au refoulement du conflit, moteur de la barbarie historiquement observable dans le traitement des ouvriers russes. »
Le néo-libéralisme, quant à lui, butterait sur le même écueil qui a précipité la déchéance historique de la pensée marxiste : le développement d’une conception de l’homme imaginaire, un homo-économicus qui n’agirait que rationnellement suivant les lois du marché.
Miguel Benasayag et Angélique del Rey disent ainsi : « Plus l’agent se sent séparé de la situation, moins il s’agence et moins il est efficace. »
Ils posent donc leur proposition de réponse à la question sous-jacente : comment ne pas refouler une partie de la réalité (à savoir la conflictualité humaine), sous prétexte qu’elle paraît ingérable ?
Les auteurs l’expriment ainsi dans leur lecture de notre situation néo-libérale actuelle : « l’utilitarisme contemporain assimile chaque homme, chaque famille, chaque groupe social à une entreprise : on est sommé de savoir ce que la vie est censée produire et de comparer sans cesse le projet productif avec le résultat obtenu, les actes restant ainsi, à tous les niveaux de la vie sociale, soumis à la possibilité d’une évaluation des résultats. »
Cette notion d’évaluation d’une action est centrale dans la politique d’une démocratie visant à gérer des moyens financiers publics devant être utilisés au service d’une population de citoyens.
Or, les auteurs, après avoir mis en avant l’aspect imaginaire de la construction de ce qu’est un citoyen, interrogent cette idée d’évaluation de l’efficacité d’une action, individuelle ou groupale.
Ils écrivent : « l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous, alors même qu’on est dans une surenchère de la violence. L’efficacité de la guerre, mais à vrai dire l’efficacité tout court, ne s’analyse pas dans le cadre d’une pensée de la maîtrise, du calcul conscient des moyens arrêtés en vue d’une fin arrêtée ab initio. (…) »
C’est donc, par conséquent, la construction de la représentation du « bien commun » qui est, elle aussi, bousculée. Notamment dans la reprise par Miguel Benasayag et Angélique del Rey des conceptions que Michel Foucault présente dans son livre « surveiller et punir. » :
« Les sociétés de la discipline et de la transparence [dont la nôtre] induisent le déracinement de l’individu, son identification à des rôles et la recherche du sens de sa vie. (…)
Et comme en permanence l’on comparera son quotidien, ses objectifs et ses possessions avec [des] images du vrai bonheur, le mécanisme de surveillance fonctionnera de façon autonome et en permanence. »
Pour les auteurs, « cette logique ne tient compte, dans sa vision de la société et des personnes, que des dimensions de surface : celles ordonnées et formatées par les intérêts, supposés propres à la nature humaine, et qui relèvent plutôt d’un formatage du désir. »
L’alternative posée dans « l’éloge du conflit » décale d’une vision utilitariste de l’action publique, comme de toute action, vers un élan philosophique qui réinterroge l’articulation moyen-fin dans une pensée de la situation de façon globale, systémique, et sans couper l’homme de son soubassement conflictuel.

Fondements de la pratique de Pascal Beaugrand, médiateur familial (D.E).

Depuis plus de 20 ans, je tente d’unifier tous les aspects de ma vie.
En tant que professionnel, la place de médiateur familial est celle à laquelle j’ai abouti.
J’y mobilise, comme moyens, une supervision personnelle régulière, dans la continuité d’un travail psychothérapeutique intense, et l’analyse de ma pratique de médiateur en groupe de pairs.
Cette double implication individuelle et groupale permet un éclairage très large de toutes les résonnances personnelles que suscitent les situations qui me sont confiées par les personnes.
Il y a alors une dialectique des effets de ces résonnances sur mon évolution humaine, et de leurs implications en termes de positionnement professionnel et de ma responsabilité à tenir un cadre et animer un processus de médiation.
Mon effort porte sur une cohérence fonctionnelle entre les aspects intrapsychique, conjugal, familial, interpersonnel, spirituel, philosophique et professionnel de ma vie.
Philosophiquement, je travaille à incarner cette cohérence, entre autre grâce à la philosophie de la Joie que Benedictus Baruch de Spinoza développe dans son « Ethique ».
Je ne dis donc pas que j’y parviens, mais que j’en fais mon « honnête tentative ».
Or, je viens de finir la lecture de « l’éloge du conflit », de Miguel Benasayag, philosophe et psychanalyste et Angélique del Rey, professeur de philosophie, qui s’appuient également, entre autres, sur cette base.
Je vous recommande, bien sûr, la lecture de cet ouvrage qui me semble pouvoir être une ressource précieuse dans le contexte actuel de l’évolution des différentes formes de « médiations », afin de mieux définir et communiquer le cœur de mon utilité sociale en tant que médiateur familial diplômé d’Etat.
Ainsi, les auteurs de « l’éloge du conflit » tissent, au cours de la construction de leur argumentation philosophique, dont ils entendent une pratique possible, des interactions entre différents niveaux.
Niveaux politique, philosophique, juridique et psychologique sont ainsi intriqués dans leur ouvrage.
Je choisis donc de vous en proposer une lecture au travers de ces différents thèmes.
Enfin, je vous présenterai mon témoignage, basé sur ma pratique professionnelle intense et quotidienne, de la vie de cette approche positive du conflit dans l’espace et le temps de travail que je propose en tant que médiateur.

Aïkido

L’Aïkido est un art martial non-violent, une voie de gestion de conflit qui préserve ET l’intégrité physique, psychologique des partenaires ET leur relation.

Sans éluder toute la complexité de poser un acte agressif, et de le recevoir.

Ma pratique professionnelle est infusée de ma pratique sur les tatamis, dans une prise en compte globale du conflit, de ses conséquences pour chacun et de la nécessité d’en poser le cadre.

Puis de travailler ce conflit pour que son potentiel de ressource puisse être actualisé et ancré dans une réorganisation pratique de la relation des participants par eux-mêmes, tout en transformant ses aspects destructeurs.

 

Tentative de Médiation Familiale Préalable Obligatoire

Vous venez de saisir le Juge aux Affaires Familiales près le Tribunal de Grande Instance de Nantes.
Votre demande concerne une modification de décision rendue concernant la résidence de votre ou de vos enfants, le droit de visite et d’hébergement de l’autre parent, la contribution financière à l’éducation, ou un litige concernant les modalités d’exercice de l’autorité parentale conjointe (changement ou inscription dans un établissement scolaire par exemple.)

La loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice instaure, à titre expérimental, une tentative de médiation familiale obligatoire préalable à l’audience devant le magistrat.

Si cette tentative n’est pas faite, votre requête pourra être rejetée, sauf si des violences ont été commises par l’un des parents sur l’autre parent, ou sur votre ou vos enfants, ou si vous pouvez justifier le non-recours à la médiation familiale par un motif légitime qui sera apprécié souverainement par le juge (par exemple, éloignement géographique, parent détenu, maladie, etc.).

Au-delà de l’aspect contraignant de l’expérimentation, il convient d’en comprendre l’idée.

Les magistrats ont fait le constat que le règlement judiciaire du litige ne constituait qu’une petite partie du problème. La plus apparente, pas l’essentielle.

La Médiation Familiale est le seul lieu offert pour que les parents puissent travailler leur relation, transformer leur conflit, pouvoir se dire et être entendu, définir un projet parental cohérent et commun qui tienne compte des besoins de chacun.

Tout ceci dans l’intérêt supérieur de votre ou de vos enfants.