Eloge du conflit : le cabinet pbcondordia, comme lieu d’expérimentations de cette approche.

En tant que médiateur familial professionnel, je pense donc le conflit non pas en terme d’affrontement, mais de situation.
Dans la perspective de la médiation familiale que je tente de pratiquer, la rupture et le conflit sont vécus non pas comme des échecs inacceptables, des erreurs dont il faudrait se débarrasser honteusement, mais comme des situations à faire évoluer vers un nouvel équilibre.
Le conflit est alors opportunité pour qu’un désir individuel de changement se développe dans la création de nouvelles façons de vivre en relation avec l’autre.
Pour que ce désir soit commun entre deux personnes en conflit, il est nécessaire que la motivation pour continuer, et parfois même pour commencer à construire du commun, soit plus forte que la haine ressentie envers l’autre.
Que cette motivation soit parfois presqu’absente au début de la première séance, pour l’un, ou pour les deux, est légitime.
L’engagement de chacun dans une volonté de coopération et de respect du cadre de la médiation est néanmoins indispensable, mais toujours libre et volontaire.
C’est à ces conditions que les freins et résistances au changement pourront devenir inutiles dans l’espace de médiation, grâce au cadre de non-violence que je garantis, et à la stricte confidentialité à laquelle tous les participants s’engagent.
Le processus est alors un chemin que les partenaires dessinent en le parcourant.
Ce qui implique, qu’en tant que médiateur, je sois à même de permettre un déplacement chez les personnes, d’ouvrir une possibilité de penser d’une façon nouvelle, non pas leurs identités ou revendications, mais leur sens global.
Ainsi, le médiateur familial que je me propose d’être incarne ce que les auteurs de « l’éloge du conflit » présentent comme « cette efficacité du non-agir dans une pensée de la situation lorsque « moins on en fait, plus on obtient » ».
Voilà qui fonde ma neutralité (je ne donne pas de conseil et n’oriente vers aucune solution en particulier) et mon indispensable indépendance en tant que médiateur.
Indépendance, car si je fais l’effort éthique de ne surtout pas mettre en œuvre ma volonté, c’est pour que seules celles des partenaires en médiation y aient leurs places.
Je suis a fortiori vigilant à ce qu’une volonté extérieur aux personnes ne se substitue à la leur dans la médiation (celle de professionnels intervenants sur certains aspects de la situation, d’institutions ou de tiers familiaux).
Neutre par rapport au contenu, je garantis également mon impartialité vis-à-vis des personnes ou plutôt, ma multi-partialité.
Cette posture dynamique me permets d’être au plus près de celui qui en aura besoin, à un moment très précis au cours d’une séance, pour permettre l’expression de l’indicible. Et d’offrir ce soutien à tous les participants, équitablement.
A la mesure de l’honnêteté d’engagement de chacun, médiateur et partenaires, dans la tentative de médiation, le processus permettra libérations et créativité, dans et par la situation qui aura été définie par les partenaires.

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