Eloge du conflit et monde judiciaire.

Miguel Benasayag et Angélique del Rey, dans leur ouvrage commun « l’éloge du conflit », abordent rapidement la question de l’action judiciaire dans une perception de l’affrontement, sans possibilité de penser la situation en termes de conflit relationnel entre deux personnes devenues, l’une envers l’autre, « des parties ».
Lorsqu’un juge aux affaires familiales tranche un litige, il fait ce que la société attend de lui, « il pose un cadre qui va permettre, par stabilisation du conflit, de rendre la situation habitable. »
Mais cette action au niveau du cadre juridique ne répond qu’à la partie visible, c’est-à-dire à l’affrontement, au litige issu du conflit, sans avoir les moyens de travailler la ressource qu’il peut constituer.
Le conflit se cristallisera alors souvent sur un autre objet ou sujet, nouveau lieu d’affrontement, éventuellement soutenu dans une logique dualiste par le mandat que donneront les personnes à leur avocat pour défendre leur intérêt individuel, sans pouvoir réellement prendre en compte leur intérêt commun.
Ce mécanisme de régulation de la violence par la loi trouve sa limite dans l’actuelle saturation des TGI aux affaires civiles, encombrés de demandes toujours plus nombreuses en matière familiale.
Les auteurs l’expliquent ainsi dans la cohérence de leur discours : « Dans la logique de l’affrontement les identités sont bien distribuées et nous nous contentons de subir les effets ou de réagir à la partie adverse. » Cette logique s’illustre au travers des procédures judiciaires qui permettent sa théâtralisation.

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